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Et les obsèques vertes alors ?

MiseenbièreencartonSalut à tous ! Je suis Estelle, et comme toute collaboratrice chez [id-pop], je me dois de rédiger un article pour le blog. J’ai choisi un sujet qui me tient à coeur, un sujet malheureusement trop tabou alors qu’il est d’une grande importance : la mort. Oui, je sais, ce n’est pas le sujet le plus gai du monde !

Sur la question de la mort, il n’y a qu’une certitude : c’est qu’on va tous y passer. Alors pourquoi ne pas se poser la question de son impact environnemental au moment de partir, histoire de ne pas préserver la planète seulement de notre vivant ?

Chaque jour, j’essaye au maximum d’axer mes choix en fonction de notre planète. Je souhaite partir en laissant un monde meilleur à ceux qui en hériteront.
Pourquoi ne pas finir notre vie, comme nous avons vécu, pourquoi s’arrêter d’être en accord avec la terre le jour où notre esprit quitte notre corps ?
Ainsi, je me suis questionnée sur la mort. Pas sur la grande faucheuse, pas sur ce qu’il adviendra de mon esprit ensuite, mais sur les méthodes employées et autorisées en France quant aux funérailles et quelles alternatives ai-je pour rendre les miennes en accord avec mes principes.

Une fois notre esprit parti vagabonder on ne sait où (enfin, chacun ses croyances hein ?!), notre corps suis un chemin très simple : embaumement, puis enterrement ou crémation.
L’embaumement est la première étape. Ames sensibles, s’abstenir. Il consiste à préparer le corps, pour la mise en bière. Les thanatopracteurs injectent six à dix litres de produits dans les veines afin de stopper l'évolution bactérienne envahissante et de freiner la destruction cellulaire. Ces produits contiennent en général de 5 à 35 % de formaldéhydes, du glutaraldéhyde, du méthanol, de l'éthanol. Ils sont tous toxiques.
Beaucoup de personnes meurent le corps saturé de médicaments chimiques, qui s’ajoutent aux produits précédemment cités.

Une fois que notre corps est comme neuf, il faut le placer dans une belle boîte en bois. Un arbre plein de vie, abattu, transformé, traité, vernis, seulement pour créer notre dernière couche. Le tout décoré avec de très jolis métaux qui nous accompagneront, dans le cas de l’enterrement, jusqu’à la fin et même au-delà.

Parlons donc de l’enterrement.

Une fois enseveli, le corps, comme on dit, redevient poussière. Mais pas que. Il rejette ainsi dans la terre tous les composés organiques qui nous composent, ainsi que toutes les toxines médicamenteuses ingérées dans le cas où une maladie a provoqué la mort, et toutes les substances injectées par celui que nous avons rencontré plus tôt, le thanatopracteur. (Je tiens à préciser que je ne ressent aucune forme de désappréciation concernant nos amis les thanatopracteurs :) ). Notre enveloppe physique rejette donc tous ces composés, dont certains sont cancérigènes, dans la terre, qui ensuite achemine cela vers les nappes phréatiques. N’oublions pas que ces mêmes nappes phréatiques nous procurent notre eau potable.

Ahem… Imaginons un instant l’état d’une nappe proche d’un cimetière … Même filtrée, passée dans des circuits assainissants, je ne veux pas savoir d’où vient l’eau qui coule à mon robinet (politique de l’autruche ^^) … Bref, revenons à nos moutons !

Une solution me direz-vous : la crémation.

Ce n’est pas mieux ! Ces mêmes toxines sont brulées, et volent dans l’atmosphère. Elles deviennent des particules très fines, que l’on respire, qui se déposent sur le sol, et finissent dans l’eau. C’est pareil ! Ceci dit, pour la crémation, le joli packaging est soit en aggloméré avec un placage décoratif en bois peu onéreux (peuplier, sapin), soit en fibres de cellulose. Les poignées sont en matières combustibles.

Extrait du site : www.affif.asso.fr

« Les études sur la crémation se multiplient, notamment au Royaume-Uni. Les Anglais ont calculé que la crémation dégageait 1,35 tonne de mercure par an, dont la quasi-totalité, émise par rejet dans l'atmosphère. Le décret 94-117 du 20/12/1994 complété de l'arrêté du 29/12/1994 n'imposent aucun seuil pour le rejet du mercure et de la dioxine par les crématoriums. Par suite de la non obligation législative de présence de filtres adaptés, les crématoriums français "sans filtre" sont responsables du tiers du total des émissions gazeuses de mercure qui est une substance cancérogène, mutagène et reprotoxique. Autres métaux lourds concernés : le plomb et le cadmium (Rapport d'information n° 261, les effets des métaux lourds sur l'environnement et la santé. Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques déposé le 5 avril 2001) La France, contrairement à bien d'autres pays européens, n'impose pas de système de filtration. Les pays du Nord, l'Allemagne, la Belgique et la Grande-Bretagne ont commencé depuis plusieurs années à s'équiper. Afin de lutter contre la grave pollution mercurielle, la Norvège a interdit en janvier 2008 l'emploi des amalgames dentaires au mercure.

Lors d'une crémation, les produits formolés employés pour une conservation chimique du corps (thanatopraxie, soins de conservation, etc.) produisent de la dioxine. La France, contrairement à bien d'autres pays européens, n'interdit pas ces injections lors d'une cérémonie d'obsèques avec crémation. La dioxine peut être à l'origine d'atteintes cutanées, d'altérations de la fonction hépatique, des systèmes immunitaires, nerveux et endocriniens et de la fonction de reproduction.

En avril 2012, seuls 7 crématoriums français sur 144 sont équipés afin qu'aucune particule, mercure, dioxine et autres substances nocives majeures ne soient rejetés.

Un arrêté signé le 28 janvier 2010, paru au JO le 16 février, oblige les crématoriums à s'équiper de filtre avant le 17 février 2018... Texte législatif intégral du 28/01/2010 »

Alors, "quelle solution ?" me direz-vous ?

La France tend à développer diverses alternatives aux techniques "classiques".

Pour ce qui est du choix de notre « packaging », une société française propose le cercueil en carton mais à l’heure actuelle, certains crématorium refusent encore l’utilisation de ce type de matériaux. Cela dit, le carton brûle plus vite que le bois, l’incinération est donc beaucoup plus rapide, ce qui limite de façon exponentielle l’émission de gaz à effet de serre. Plus d’informations sur ce site. Les sites eco-cerc et ab-cremationvendent également des cercueils écologiques, à base de cellulose et de carton. Ainsi, nous pouvons préserver nos forêts, économiser l’eau et le fuel nécessaires à l’abattage de ces arbres.

Pour ce qui est de l’embaumement, on peut le refuser. Cela implique que le corps ne pourra pas être visible lors de la mise en bière, et que les obsèques devront avoir lieu rapidement. Il existe aussi depuis peu et surtout au Canada des produits d’embaumement sans formaldéhyde, à base de méthanol, qui a un impact moindre sur l’environnement et qui est le gaz que rejette naturellement le corps lors de sa décomposition.

Et pour notre changement d’adresse ?

Il existe en France quelques cimetières dits « verts ». Ce sont des parcs qui ne comportent que des objets biodégradables, et seuls les urnes et cercueils biodégradables et ou en matériaux naturels sont acceptés. Ils contribuent ainsi à la fertilisation des sols.

Dans le Maine et Loire, il existe le parc Arbres de mémoire qui est destiné aux enterrements d’urnes suite à une crémation.

« Une urne biodégradable enfouie tout près de l'arbre reçoit les cendres lors d'une cérémonie digne sur ce lieu de mémoire. Une plaque botanique permet d'associer le nom de la personne à celui de l'arbre. L'arbre grandit dans le parc de mémoire ».

Ceci-dit, rien n’empêche de reposer dans un cimetière classique. D’autant qu’aujourd’hui, les villes de Versailles, Nantes et Angers ont opté pour ne plus utiliser de pesticides dans leurs cimetières, afin de laisser la nature reprendre sa place comme nous l’explique cet article de Science et Avenir.

Il est bien entendu nécessaire de penser au véhicule électrique pour vous amener à votre dernier domicile. Autant faire les choses bien, et ce, même dans le détail !
Indiquez à vos proches vos souhaits est une action importante, écolo ou non. Le plus simple est de laisser une note testamentaire, mais la mort ne doit pas être tabou, elle fait partie de la vie et ces choix font partie du respect de l’autre.

Ainsi je profite de cet article pour rappeler à mes proches que je souhaite être incinérée dans un cercueil en carton, que mes cendres soient abritées par un arbre, afin d’être au plus proche de la nature, en communion avec elle, jusqu’au plus tard possible. Je ne souhaite pas être embaumée au formaldéhyde. Si d’ici mon décès d’autres produits moins nocifs pour la planète ou pas nocifs du tout (ce serait l’idéal) sont acceptés, je souhaite être embaumée par ces procédés. A défaut, je ne veux pas être embaumée. Je souhaite également n’être vêtue que de vêtements biodégradables, fins, et issus de l’agriculture biologique et si possible du commerce équitable ou de la région.
Je souhaite être transportée par un véhicule le moins polluant possible. Je ne veux pas de fleurs artificielles, et pas de fleurs coupées.

Je souhaite que ce jour soit avant tout le moment pour chacun de me rappeler à son bon souvenir, on se reverra de l’autre côté ;)

Maintenant que mes choix sont faits, Carpe Diem !

Sur ce, il faut que j’aille nourrir les poules ! A la revoyure !


« Voici la morale parfaite : vivre chaque jour comme si c’était le dernier ; Ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant. » de Marc-Aurèle

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