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Conséquences économiques et climatiques de l’éruption islandaise


Nuage de cendres venant du cratère du volcan Eyjafjöll

Alors que le trafic aérien reprend une activité normale après une semaine de  paralysie, le volcan Eyjafjöll continue de cracher des cendres.  Cet événement a levé de nombreuses questions concernant notre modèle économique reposant sur la rapidité des transports aériens ainsi que l’impact environnemental de l’éruption.



Le volcan islandais Eyjafjöll a fait couler beaucoup d’encre dans les journaux la semaine dernière. Mais en faisant un petit bilan des conséquences, on se rend vite compte qu’un tel événement qui malgré ses grandes conséquences sur l’activité humaine, reste ordinaire à l’échelle environnementale.


« Le coût global pour l'Europe est estimé à plusieurs milliards d'euros. »


A l’échelle humaine, les conséquences de cette éruption sont importantes. Tout d’abord, la fermeture temporaire de 313 aéroports a bloqué plus de 7 millions de voyageurs : touristes, mais surtout employés itinérants.

Mais le plus grave concerne les pertes financières des compagnies aériennes qui subissent déjà assez mal la crise. Une étude a récemment évalué leurs dommages financiers dus à l’éruption à 1,7 milliards de dollars. Conséquence : Effondrement des cours boursiers et panique des actionnaires.

Si l’on compte les pertes des aéroports, des hôtels, mais aussi les jours de travail perdus des voyageurs bloqués, les marchandises périssables, les matières premières non acheminées qui ont provoquées des pertes de production, etc., le coût global pour l'Europe est estimé à plusieurs milliards d'euros.

Cette éruption permet une nouvelle fois de dénoncer la dépendance à l’hyper mobilité et  aux besoins perpétuels de rapidité du monde moderne. En effet, faute de moyens alternatifs, ce genre de manifestation de la nature peut vite plonger l’économie dans le chaos.


« Selon les spécialistes, il s’agit d’une éruption ordinaire dont l’impact macro-écologique reste insignifiant »


Mais si l’éruption du volcan islandais a eu un fort impact sur l’activité humaine, son impact environnemental quand à lui reste très faible pour ne pas dire insignifiant. Selon le géologue Colin Macpherson et le volcanologue Patrick Allard, le volcan diffusait entre 150 000 et 300 000 tonnes de Co2 dans l’atmosphère par jour au début de son éruption.

Ces quantités qui semblent impressionnantes sont en réalité très faibles comparées aux émissions de Co2 liés à l’activité humaine. Pour donner une échelle de comparaison les émissions quotidiennes du volcan correspondent à moins de 2% des émissions quotidiennes liées à l’activité du premier pays le plus polluant au monde.  Selon les spécialistes, il s’agit d’une éruption ordinaire dont l’impact macro-écologique reste insignifiant.

Plus localement, l’éruption ne concerne en fait que 700 agriculteurs, aussitôt évacués, quelques milliers de moutons et des centaines de chevaux. Les cendres seront en partie dispersées par le vent, le reste pourra être enfouit en labourant. Les terres volcaniques sont particulièrement fertiles et dès 2011, les terres aujourd'hui désolées seront à nouveaux exploitables.

Une éruption considérée donc comme ordinaire  d’un point de vue écologique mais qui a des conséquences considérables sur l’économie. Un tel événement ne
peut qu’imposer une certaine forme de respect pour la nature et donner un grand sentiment de vulnérabilité des rouages de notre mode de vie.

 

Erwin ENINGER

 

Sources :

Info: www.Lemonde.fr ; www.Terra-economica.info ; www.notre-planete.info

Photo: www.futura-sciences.com

 

Tags planète - transport - climat
 

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