Commerce équitable : Actualité du Commerce équitable et du Conseil Ligérien du Commerce équitable

Du marché de niche au grand public tout le monde se met à l’équitable

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En tant que nouvelle stagiaire au sein d' [id-pop], je travaille avec Alexandre pour le Conseil Ligérien du Commerce Equitable (CLCE). J'ai donc l'occasion de me plonger dans un univers peu connu pour moi, le commerce équitable. Je le connaissais surtout grâce à Malongo ou Alter-eco, comme la plupart des gens, c'est-à-dire à travers des marques liées plus particulièrement à l'agro-alimentaire. Or le commerce équitable n'est pas confiné à cette activité. En effet, au-delà du thé, café, chocolat ou du riz (y compris de Camargue) le commerce équitable propose des produits non alimentaires, tels que les vêtements, le tourisme, la décoration, les bijoux, les cosmétiques et bien d'autres encore.
A travers cet article, je souhaite m'intéresser justement à la mode. Et voir s'il est possible de lier l'éthique du commerce équitable à celle-ci.

A titre de rappel, le but du commerce équitable est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial, de contribuer au développement durable tout en proposant aux consommateurs des produits de qualité. Allez c'est l'heure du shopping équitable !!!!
De plus en plus de marques de vêtements se lancent dans le commerce équitable. Certaines développent des gammes spécifiques, d'autres proposent une offre 100% équitable.

En avril 2005, l'association Max Havelaar France lance la première filière de coton équitable avec des producteurs d'Afrique de l'Ouest. Suite à la création de cette filière, ce secteur a connu et connait encore un grand développement, ayant réussi à susciter l'intérêt des consommateurs.
Les produits équitables non-alimentaires sont dans une phase de croissance plus importante que les produits équitables alimentaires. En effet, les produits alimentaires passent de 84% à 73 % entre 2004 et 2007 et les produits non-alimentaires eux connaissent une augmentation qui passe de 17% à 26% même si ils représentent encore une part de 11% du chiffre d'affaires total.
Et les ventes ne cessent d'augmenter car depuis 2012, le secteur du commerce équitable a connu une croissance à deux chiffres, avec une augmentation de 10% des ventes par rapport à 2011.

Avec plus des ¾ des ventes de produits équitables non alimentaires, les vêtements (70%) et les cosmétiques (13%) sont plus largement plébiscités que la décoration (12%) ou le tourisme (5%).
Les cosmétiques équitables sont également un secteur en plein développement : avec 5,3 millions d'euros (avant ventes finales aux consommateurs), elles risquent néanmoins de redistribuer les cartes de cette répartition. En effet, tout comme pour les vêtements, les cosmétiques profitent de l'intérêt croissant pour le bio.

Mais revenons-en à la mode... Face à cet intérêt des consommateurs, de grandes marques et distributeurs comme H&M, La Redoute, Célio, Armor lux, Intermarché, Leclerc ont suivi et démocratisé ce mouvement en créant ou commercialisant des gammes de vêtements et linges avec du coton cultivé, entre autre, par plus de 28.000 producteurs d'Afrique de l'ouest.
Le coton est la principale culture de fibre dans le monde et environ 25 millions de tonnes de coton fibre sont produites annuellement. Les plus grands producteurs sont, la Chine, les Etats-Unis, l'Inde suivis du Pakistan l'Ouzbékistan et le Brésil. Mais bien souvent, dans ces pays, les droits de l'homme ne sont pas totalement respectés.
Dans le cas de la mode, l'aspect équitable est pour le consommateur un argument vendeur, et permet donc d'augmenter les ventes ou tout au moins de se donner une image plus respectable (surtout suite aux multiples scandales dont certaines de ces structures ont fait l'objet).
Aux perspectives économiques, le commerce équitable ajoute des préoccupations éthiques, sociales et environnementales et parfois, certaines grandes marques, laissent ces 3 autres préoccupations de côté.
Comme en 2011, pas moins de 2 400 employés se sont évanouis dans leurs usines de confection textile au Cambodge. Les ouvriers travaillent en moyenne 70h par semaine pour des salaires de 66$ par mois (soit 51 euros).
Ainsi, la mode équitable fait aujourd'hui partie de la panoplie des consommateurs éco-conscients. Les produits dont les ventes connaissent la plus forte croissance sont les t-shirts fantaisies, souvent vendus sur Internet et destinés aux jeunes. En effet, sur ce type de produit, le déplacement en magasin n'est pas nécessaire. Les consommateurs peuvent donc naviguer de site en site pour trouver leur bonheur. Néanmoins, on remarque qu'avant d'acheter le t-shirt équitable, les consommateurs achètent surtout un message qui leur parle et qui leur permettra d'afficher leur engagement en faveur du développement durable, de l'écologie, du social, de l'équitable ou même d'une thématique toute autre (ex : ozibao qui proposait des t-shirts sur la thématique du sport).

Les produits labellisés « équitables » ne sont pas forcément biologiques. Cependant, beaucoup d'acteurs du commerce équitable vont plus loin, en favorisant une convergence entre « équitable » et « bio ». Les produits biologiques, comme les produits équitables sont aujourd'hui attendus et demandés par un nombre croissant de consommateurs.
Vous pouvez donc à la fois trouver les vêtements issus du commerce équitable chez vos grandes marques préférées ou dans des petites boutiques de votre ville ou sur internet. Mais aussi des bijoux et des produits cosmétiques, mais on en parlera dans un autre post.

Depuis quelques années, au-delà des réseaux spécialisés « éco-responsabilité » (ex : magasins bio, boutiques de marques éco-responsables, etc.) des boutiques entièrement dédiées au commerce équitable ont vu le jour. On y retrouve des vêtements, des cosmétiques, des bijoux mais aussi décorations ou de l'alimentaire.
Néanmoins, ces boutiques indépendantes ont du mal à rester en place. Comme par exemple Artisans du Monde qui a fermé plusieurs boutiques comme à Lille et à Avignon dans les deux dernières années.
Au final, seuls les grands groupes (H&M,etc.) et certaines boutiques en ligne arrivent à tirer leur épingle du jeux. Malgré tout, dans ces e-boutiques, seules celles qui ont sû proposer une offre attractive sur des produits sans « risque » réussissent réellement à percer (ex : t-shirts M Poulet, etc.).
On voit bien que certaines grandes marques ont l'éthique sur l'étiquette mais on se demande alors ce que ca vaut si les salariés ne peuvent pas se satisfaire d'un salaire vital ?

A l'occasion, je vous parlerai d'ailleurs de ce collectif, l'éthique sur l'étiquette qui propose d'expliquer en détail la répartition du prix de vente des produits de grande consommation. Tout un sujet, mais ce sera pour une autre fois...

Amandine Giraudineau

Sources :

http://www.commercequitable.org/images/pdf/donnees_economiques/etude_flux_2007.pdf

http://www.commercequitable.org/images/pdf/donnees_economiques/le_commerce_equitable_en-france_et_dans_le_monde_2012.pdf

http://www.quat-rues.com/blog/index.php?post/2013/01/25/HM-se-paye-Paradis-LEnfer-pour-ses-employes

Image:

http://www.aboneobio.com/blog/post/2009/09/10/Des-vetements-bio-et-equitables-dans-les-lycees-des-Pays-de-la-Loire

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