LBC or not LBC

la terre représentée dans une ampouleL'ADEME a rendu le mois dernier son avis sur les lampes basse consommation.

Ces lampes devront remplacer à l'horizon 2012 les lampes traditionnelles à incandescence. Cette disparition est programmée et inscrite dans le plan Climat Énergie de l'Union Européenne.
C'est pourquoi la France, en partenariat avec EDF, l'ADEME et RECYLUM, a mis en place un calendrier progressif afin de sensibiliser et d'informer les usagers sur ces nouvelles mesures.

Ce calendrier rentre dans le Grenelle de l'environnement et sa première application concrète pour les usagers a été la fin de la commercialisation des lampes à incandescence de 100W le 1er septembre.
[ID-POP] s'est donc décidé à explorer un peu plus en profondeur l'univers sulfureux des Lampes à Basse Consommation (LBC)

 

 

1. La différence de technologie


Tout d'abord, il serait déjà judicieux de comprendre les différences techniques de fonctionnement et de composition entre les désormais indésirables incandescences et les opportunistes LBC.

- Les lampes basse consommation produisent de la lumière par fluorescence. La fluorescence correspond au fait de générer de l'électricité autrement que par la chaleur. D'où le terme parfois utilisé de lumière froide. Ainsi, 75 % de l'électricité produite par ces lampes servent à la production de lumière et 25% seulement à la production de chaleur.

Une décharge électrique traverse le gaz qui remplit le tube, ce qui émet une lumière ultra-violette. La poudre phosphorescente qui tapisse la paroi du tube sert à rendre cette lumière visible.

- Les lampes à incandescence est un dispositif qui produit de la lumière par échauffement jusqu’à incandescence d’un filament conducteur parcouru par un courant électrique. 75% de l'électricité produite par ces lampes se dispersent en chaleur et seulement 25% sont restitués en lumière.

Les lampes à basse consommation sont donc plus efficaces pour restituer l'énergie utilisé en lumière. Mais elles nécessitent une conception complexe et sont plus coûteuses à l'achat.

Ce coût à l'achat est cependant vite amorti par les économies d'énergie que ces lampes permettent.

 

2. Une économie d'énergie conséquente

En moyenne, les lampes fluorescentes consomment trois à quatre fois moins d'électricité, pour une production de lumière théoriquement équivalente.

source wikipédia

Les LBC possèdent en plus une durée de vie de 6 à 15 fois plus longues. C'est à dire de 6000 à 15000 heures. En comparaison, une lampe à incandescence résiste seulement 1000 heures avant de rendre l'âme.
L'intérêt des LBC n'est pas contestable sur le plan énergétique, un produit qui consomme moins et qui dure plus longtemps est une avancée importante au niveau environnemental.

L'ADEME chiffre cette économie d'énergie à 8 Terrawattsheure soit une économie de deux fois la consommation annuelle d'électricité par les habitants de Paris à l'orée 2016!
Mais ça correspond à quoi un terrawattheure?

La France a consommé quelques 486,1 TWH en 2008. Si on prend comme chiffre une économie de 8 Twh , on obtient donc une économie à l'échelle de la consommation française d'environ 1,7% en 2008.
Une économie de presque 2% de la consommation totale par un simple geste éco-citoyen n'est pas anodin!
L'économie ne se situant finalement que sur l'éclairage, il faudrait pour affiner notre chiffre, calculer l'économie de 8 terrawattsheure par rapport à la consommation d'électricité causée par l'éclairage.
On n'a malheureusement pas trouvé d'estimation chiffrée sur cette consommation.
Si quelqu'un la connaît, qu'il éclaire notre lanterne! ;)
Une chose indéniable est la faible consommation de ces lampes par rapport à aux lampes à incandescence. La volonté politique de remplacement des lampes à incandescence par les lampes à fluorescence n'est donc pas une mauvaise chose pour la planète et la facture en électricité des Français.
Alors pourquoi tant de débats autour de cette obligation?

 

3. Des matériaux toxiques

Et bien ces lampes à basse consommation ont un gros défaut, elles sont plus polluantes que les précédentes car elles intègrent dans leur composition du mercure.

Les LBC concentrent du Mercure à hauteur de 1,5 % pour les plus évolués et jusqu'à 5%, la limite autorisée par Bruxelles.

bille de mercure
Le mercure est un élément toxique et écotoxique sous toutes ses formes. Il faut donc ne pas jeter les lampes usagées à la poubelle mais les ramener chez des spécialistes qui les intégreront dans le réseau de recyclage.

Toutefois, l'avis de l'ADEME minimise la présence du mercure dans ces lampes. En effet, il ne représenterait que 3mg, soit 0,005% de mercure mélangé au gaz inerte contenu dans le tube. Il n'est pas donc pas dangereux lors de la casse accidentelle d'une ampoule. Une simple aération suffit à éloigner tout danger pour la santé humaine.


L'ADEME met quand même l'accent sur la dangerosité à grande échelle du mercure et donc sur le nécessaire recyclage de ces lampes.

Et c'est là que se situe le vif débat sur les LBC..

 

4. L'utopie d'un recyclage massif des lampes basse consommation

Il est utopique de croire que toutes les lampes fluorescentes puissent être totalement recyclées.
Son taux de recyclage est actuellement de 35%. Il provient d'un calcul simple prenant en compte le nombre de lampes vendues l’année précédente et leur durée de vie pour estimer la quantité potentielle d’ampoules et tubes usagées. On nomme ça le gisement. Le ratio collecte/gisement est passé de 25% en 2007 à 32% pour 2008.

La collecte augmente mais on ne peut pas dire qu'elle a atteinte des sommets d'excellence. 70% des lampes selon le ratio collecte/gisement ne sont donc pas récupérer par le circuit traditionnel.

En connaissant les effets désastreux du Mercure sur l'écosystème, on ne peut qu'être inquiet des possibles retombées négatives sur notre planète.
De plus, il semble légitime de s'interroger sur la dépense énergétique liée à ce recyclage, mais aussi sur l'efficacité de ce dernier.
On touche ici à un problème de fond : le recyclage en France. En Allemagne, il est répandu et pratiqué par une grande majorité de la population.

Le débat sur la dangerosité de ces produits toxiques devrait peut-être laisser place à un débat plus profond axé sur la problématique des usages en matière de recyclage.

Pourquoi seulement 35% des lampes atterrissent au centre de recyclage?
Ce faible résultat peut en partie s'expliquer par une communication trop confidentielle sur le circuit du recyclage et un étiquetage de prévention trop complexe.

Un petit rappel des modalités de recyclage s'impose.
C'est la société Recyclum qui a été mandaté par l'Etat pour gérer le circuit de collecte des lampes basse consommation.
Une carte des points de collecte est disponible sur leur site Internet.



On peut aussi faire un reproche au logo Hg suivi d'une poubelle barré qui n'est pas très explicite pour l'utilisateur lambda. Un logo plus voyant et plus parlant serait judicieux pour une meilleure information des usagers.
Un effort de communication sur le packaging et les moyens de recyclage semble donc indispensable pour développer la pratique du recyclage en France.

 

5. Une polémique sur les ondes électromagnétiques

lampes basse consommation avec sphère bleue autour représentant les ondes électromagnétiques
D'autres débats axés sur la santé humaine ont éclipsé l'intérêt premier d'économie d'énergie des lampes basse consommation.
Ils concernent principalement les émission de champs électromagnétiques susceptible d'être dangereux pour la santé.

Alors qu'en est il de toutes ces craintes? Fondées ou non?
Une chose est sûre, les lampes fluo-compacte émettent des champs électromagnétiques.
Ces rayonnements électromagnétiques sont causées par les composants électroniques nécessaires à ces lampes pour éviter de scintiller.
L'OMS indique clairement qu'après de nombreuses études scientifiques sur le sujet, rien n'indique que ces ondes soit dangereuses pour la santé.
Ils existent tout de même des seuils à respecter par précaution.

Le tableau ci-dessous est la retranscription des mesures indiquées dans la publication en août 2007,des associations Arca Ibérica et Criirem.

source: http://www.univers-nature.com/
Cette publication visait à effectuer des tests de mesure de rayonnements radioélectriques d'ampoules fluo-compacte et à incandescence, pour des distances et puissances diverses.
Ainsi il est recommandé d'installer une LED à sa lampe de chevet ou à toute source de lumière qui serait à moins de 30 cm d'une personne.

En suivant ces simples recommandations, on peut affirmer que les LBC ne sont en aucun cas dangereuse pour la santé humaine.
Cependant d'autres alternatives écologiques et moins sujettes à polémiques existent.

 

6. Les alternatives à ces lampes

En effet, les lampes basse consommation peuvent être substituer par les lampes à LED qui ont l'avantage de ne pas dégager de champs électromagnétiques, ni de comporter des éléments toxiques .
La lampe LED atteint une pleine puissance lumineuse instantanément et résiste bien à l'allumage et à l'éteignage répété.
lampes LED
De plus, l'absence de composant électronique leur permet d'avoir une taille plus réduite, la durée de vie des LED est longue et sa consommation énergétique faible.

Cependant, certains défauts empêchent à ce type d'éclairage de s'imposer pleinement.

A l'heure actuelle, le faible pouvoir de luminosité de celles-ci ne leur permettent pas de proposer un éclairage satisfaisant pour une pièce de vie à moins d'en accumuler un nombre conséquent.

Leur faisceau lumineux est unidirectionnel et éblouie fortement si l'on se trouve dans son champ.

Malgré tout, l'espoir se situe vers cette technologie.

La technologie de la lampe à LED est en perpétuelle amélioration ce qui peut présager dans un futur proche une standardisation de nos appareillages lumineux vers ce système d'éclairage. Il permettrait une économie d'énergie considérable et ne nécessiterait pas la mise en place d'un processus de recyclage coûteux.


7. La lumière naturelle, une approche oubliée!

Une approche qui semble être oubliée est celle de limiter au maximum l'utilisation de la lumière artificiel. A cela, plusieurs solutions sont possibles pour réduire la consommation électrique d'un ménage:

- Penser pendant la construction ou à la rénovation du logement à créer des puits de lumière par le plafond tout en faisant attention à la perte thermique
- Des couleurs clairs sur vos murs permettent de mieux restituer la lumière du jour et ainsi augmenter la luminosité naturelle de votre logement
- L'utilisation de variateur de lumière permet une utilisation appropriée au besoin de l'usager au lieu d'utiliser à pleine puissance vos lampes
- Pratiquer les éco-gestes : tâchez d'éviter d'oublier les lumières allumés par exemple.

 

Source:

Wikipédia
http://www.energies-nouvelles.net
http://www.eco-sapiens.com/dossier-38-L_eclairage-basse-consommation.html
http://www.criirem.org
http://www.who.int/peh-emf/about/WhatisEMF/fr/index1.html
http://www.led-fr.net/lampe_fluocompacte_fonctionnement.htm
http://www.cleantechrepublic.com


photos:

http://geobio-logique.com/img/fluocompacte.jpg

http://www.lexpress.fr/medias/321/ampoule-lampe-basse-consommation_339.jpg
http://www.transistek.com/photos_produits/6/lampe_led_par30_-_60_leds_-_blanc_froid-lamplpar30wc.jpg

 

 

 

 

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